IL-GWERRA TIBDA BĦALL-IMĦABBA

Ritratti ta’ Raymond Depardon u kitbiet ta’ Kamel Daoud

Jekk tkunu Pariġi sa nofs Lulju li ġej titilfux il-wirja stupenda tal-fotografu Franċiż Raymond Depardon u l-awtur (ikolli ngħid poeta) Alġerin Kamel Daoud, “Son œil dans ma main. Algérie 1961-2019” (Għajnu f’idi. L-Alġerija 1961- 2019) fl-Institut du monde arabe.

Kliem ta’ Kamel Daoud imnebbaħ minn ritratti ta’ Raymond Depardon: il-gwerra tibda bħall-imħabba, tqanqil tal-ġisem, tensjoni, għajat, imma mbagħad kollox jieqaf meta jibdew l-armi.

Fl-1961, ta’ dsatax-il sena, Depardon intbagħat l-Alġerija biex jieħu r-ritratti għall-ġurnal li kien għadu kemm beda jaħdem miegħu. Kienet waħda mill-iktar snin imdemmija tal-Gwerra tal-Indipendenza. U kienet ukoll is-sena tal-ftehim li sar f’Evian biex l-Alġerija tikseb l-Indipendenza tagħha.

Fl-2019 Depardon reġa’ mar l-Alġerija u ħa sensiela ta’ ritratti fil-belt ta’ Oran, għal darb’oħra bl-iswed u l-abjad. Kamel Daoud kiteb kummentarji poetiċi immens fuq iż-żewġ sensiliet ta’ ritratti li jagħtu dimensjoni aktar poetika u sikwit qalila lill-għajn kurjuża ta’ Depardon.

F’filmat ta’ konverżazzjoni bejniethom iffilmjata fl-istess bini tal-IMA, Daoud jispjega li l-Alġerini kollha li kienu involuti fin-negozjati li wasslu għall-ftehim spiċċaw ħażin. Kollha kemm huma. U l-ġrieħi ta’ dik il-gwerra għadhom, bħal dejjem, miftuħa.

L-apparat li uża Raymond Depardon fl-Alġerija fl-1961
Raymond Depardon
Kamel Daoud
Raymond Depardon u Kamel Daoud
Institut du monde arabe

À l’approche du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, l’exposition « Son œil dans ma main. Algérie 1961-2019. Raymond Depardon / Kamel Daoud » offre un témoignage unique sur l’Algérie en 1961 puis en 2019, à travers le regard de deux grands artistes : l’un français, cinéaste et photographe, revisitant ses photos d’Algérie ; l’autre algérien, journaliste et écrivain, né en 1970, après l’indépendance de son pays.

Dans le cadre de « 2022. Regards sur l’Algérie à l’IMA »

Raymond Depardon photographie ce qu’il voit à la jonction de ce qu’il ne voit pas. Je regarde ce que je ne vois pas, en croyant savoir ce que cela signifie. Son œil dans ma main. Son corps est ma mémoire. Ce qui m’intéresse chez le photographe, c’est son corps, son errance, son voyage : je me glisse en lui, j’épouse ses mouvements,son regard, sa culture, ses préjugés peut-être, mais aussi sa singularité. Errance de déclic en déclic.

Kamel Daoud, extrait du livre « Son œil dans ma main. Algérie 1961-2019 », Barzakh/Images Plurielles, 2022

En 1961, le tout jeune Raymond Depardon réalise plusieurs reportages photographiques à Alger, puis à Évian, pendant les premières négociations pour mettre fin à la guerre d’Algérie. Près de soixante ans plus tard, avec le désir de publier ces photographies dans une perspective algérienne, il rencontre Kamel Daoud.
Porté par Barzakh, la maison d’édition algérienne de l’écrivain, un projet d’ouvrage à quatre mains prend forme : un beau livre faisant entrer en résonance photographies « algériennes » de 1961 et textes inédits de Kamel Daoud. Celui-ci a dans l’idée d’écrire des textes très différents, presque disjoints des photos ; il s’agira de méditations ou de rêveries sauvages. Par ailleurs, des « comètes » – une explication de l’image, un commentaire, une fulgurance inspirée par une photographie… – accompagneront une sélection de photos choisies par l’artiste.
Raymond Depardon retourne en Algérie en 2019 et y réalise une série de photos, à Alger puis à Oran, ville où habite Kamel Daoud.
Les éditions Barzakh proposent alors à l’Institut du monde arabe de monter une exposition à partir du livre. Son président Jack Lang est immédiatement séduit : la sortie du livre s’accompagnera d’une exposition éponyme, sensible, avec des images rares et des textes inédits qui se répondront en écho tout en pouvant être vues ou lus séparément : deux mondes, deux regards indépendants et pourtant complémentaires qui s’enrichissent mutuellement…
Installée dans deux espaces, l’exposition présente 80 photographies de Raymond Depardon et cinq textes inédits de Kamel Daoud. Elle comprend trois sections : Alger 1961 ; Évian-Bois d’Avault 1961 / Oranie 1961 (niveau -1) ; Alger et Oran 2019  (niveau -2). Dans des salles rehaussées d’un dégradé de bleus évocateur de la Méditerranée, au fil d’une scénographie fluide qui facilite le passage entre les deux médiums, le visiteur navigue entre les grands textes, suspendus comme autant d’installations, et ménageant une transparence qui permet de deviner les photos à travers eux. Textes et photographies sont encadrés à l’identique pour en souligner l’égale importance. Les « comètes » sont traitées comme autant de petites œuvres, formant une ligne d’horizon vers laquelle tend le regard.
Un « texte d’exfiltration » guide le visiteur vers la sortie ; et un film inédit avec Raymond Depardon et Kamel Daoud, Kamel et Raymond (22′), réalisé par Claudine Nougaret pour l’exposition, conclut le parcours.

Son œil dans ma main. Algérie 1961-2019, Raymond Depardon/Kamel Daoud, coéd. Barzakh/Images Plurielles, 23 x 24 cm, 232 p., 134 photos en bichromie, couverture rigide, toilée, marquage à chaud, 35  €, sortie 4 fév. 2022.

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